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20

Nov 2017

  • Articles et presse

L’expert est mort, vive l’Expert

Article rédigé par Philippe Recouvreur, Périclès Consulting

Dans un environnement professionnel en transformation rapide comme l’est la Finance, les experts métier, qui sont la richesse immatérielle actuelle des entreprises, ne sont pas forcément les mieux placés pour imaginer et mettre en œuvre les services financiers de demain. Par ailleurs, certains experts accrochés aux processus et outils existants sont souvent un frein au changement. Les entreprises doivent définir des programmes de gestion des compétences et des politiques RH ambitieux pour faire évoluer les experts afin d’accompagner la mutation du secteur.

Comme le décrit très bien Danniel Kahnemann, prix Nobel d’économie en 2002, l’Expert n’a pas de valeur lorsqu’il évolue dans un environnement aléatoire.

En matière d’environnement aléatoire, la Finance de marché est une bonne illustration. Le secteur est chahuté par divers facteurs exogènes :

  • Des conditions de marché inédites (taux négatifs) qui battent, remettent en cause la théorie financière et nécessitant l’adaptation des offres et des stratégies de gestion
  • Un changement sociétal profond amené par la transformation numérique qui nécessite de repenser les services financiers et la façon dont nous les consommons
  • Un cadre réglementaire qui évolue sans cesse amenant des nouvelles contraintes mais aussi de nouvelles opportunités

 

Si l’on raisonne comme Danniel Kahnemann, l’Expert métier qui a fait la valeur immatérielle des entreprises n’aurait désormais plus aucune valeur. Cette vision très défaitiste doit être tempérée.

En effet, l’Expert est la mémoire vivante de l’entreprise, il peut expliquer le « pourquoi » des choix pris, information indispensable pour bien comprendre un contexte. L’Expert a la vision globale des processus internes à l’entreprise, processus qui se sont fortement complexifiés au gré des offshoring et de la mise en place des organisations matricielles. L’Expert, enfin, connait parfaitement les outils existants pour avoir participé à leur conception ou à leur implémentation. En résumé, l’Expert est naturellement tourné vers le passé de l’entreprise.

Fort de ce constat, les Experts d’aujourd’hui sont-ils les mieux placés pour porter la transformation du secteur financier ?

Différentes qualités sont attendues de l’expert de demain. Les expertises techniques restent un prérequis bien entendu mais les « soft skills » deviennent discriminants :

  • Créativité, capacité à penser « hors de la boite »
  • Capacité à communiquer, notamment en environnement international
  • Maîtrise des nouveaux outils de collaboration et de communication
  • Facilité à penser Client et non plus Produit ou Processus

 

Ces nouvelles compétences sont loin d’être innées pour les Experts surtout s’ils ont passé une grande partie de leur carrière dans la même entreprise. Les Directions des Ressources Humaines jouent un rôle de la plus haute importance. Elles doivent préparer l’avenir de l’entreprise en faisant évoluer les compétences des Experts pour prévenir leur « ringardisation ». Un programme de formation ambitieux est nécessaire pour pérenniser l’employabilité des Experts et leur permettre d’accompagner les profondes transformations du secteur à venir.

L’Expert est mort, vive l’Expert !

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