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07

Avr 2020

Agefi Luxembourg
  • Articles et presse

Banque en ligne, Néobanques, Fintech, Insurtech, Robo-advisor… ?

Publié par : L’AGEFI Luxembourg

Traditionnellement, sur le marché international de l’assurance-vie, les acteurs luxembourgeois privilégient le segment du wealth management. Peu d’acteurs considèrent que la distribution en libre prestation de service (LPS) pourrait servir à diffuser de nouvelles offres via des canaux de distribution digitaux. Les assureurs-vie luxembourgeois utilisent classiquement les canaux de distribution tels que les banques privées, les family-office et les courtiers avec une clientèle privée.

De nombreuses Néobanques ont apporté une notion de distribution de produits bancaires et financiers sur plusieurs pays européens (N26, Revolut…). L’assurance-vie luxembourgeoise est portée historiquement à l’international tout comme ces néobanques. Y aurait-il une opportunité particulière à mettre en rapport ces deux types d’acteurs ? Pour répondre à cette question, il convient d’apporter ici une brève analyse du marché des Néobanques et des banques en ligne traditionnelles à titre d’illustration sur le marché français et italien.

En France, l’histoire de la digitalisation des services bancaires démarre il y a une vingtaine d’années avec des aventures faisant désormais partie du passé telles que SelfTrade, E-Rothschild, Zebank… Les premières banques en ligne à avoir pénétré le marché français se sont structurées entre 2005 et 2010. Certaines ont acquis aujourd’hui une position dominante : Boursorama, Monabanq, ING Direct et Fortuneo. Les groupes Crédit Agricole et BNP ont également souhaité un peu plus tard créer leur marque de banque en ligne avec BforBank d’une part et HelloBank! d’autre part.

Ces banques en ligne proposent toutes un contrat d’assurance-vie en ligne avec des partenaires assureurs tels que Generali, Suravenir, Spirica et Cardif. À côté de ces banques en ligne «traditionnelles», a émergé le phénomène des Néobanques, des Fintechs, des Insurtechs et des start-up innovantes. Toutes ces nouvelles sociétés se sont construites autour d’une offre bien particulière.

Parmi les plus gros succès : Nickel, Lydia, N26 et Revolut. Nickel, principalement en France, a développé son succès sur son offre de moyen de paiement accessible chez les buralistes, pour une population n’ayant pas facilement accès à la bancarisation. Lydia, également en France, s’est construite à partir d’une population étudiante et privilégie le paiement partagé et instantané.

Lydia_(Paiement_sur_Internet)

N26 tout comme Revolut sont structurellement orientées vers l’international et revendiquent déjà plusieurs millions d’utilisateurs. Les éléments de différenciations sont ici les taux de change avantageux et des frais très limités. Il serait légitime pour ces acteurs de proposer des produits d’épargne et pourquoi pas des produits d’assurance vie. Les assureurs vie luxembourgeois ayant l’expertise sur le marché européen pourrait être légitimes en tant que partenaire de ces Neobanques.

En parallèle de l’émergence des Néobanques, de nouvelles start-up, qui se présentent sous la forme de robot advisor, proposent de nouvelles offres d’assurance vie en ligne en s’appuyant sur des partenaires assureurs français. Ces sociétés telles que Yomoni, Grisbee et Advize, proposent des parcours clients de souscription entièrement digitalisés, innovants et reposant parfois sur l’intelligence artificielle. Ces acteurs aux ambitions également internationales pourraient être amenées à chercher des partenaires assureurs sur la place luxembourgeoise.

Des acteurs plus anciens étaient déjà positionnés sur le courtage d’assurance vie en ligne : Altaprofits, Linxea, Mes-placements.fr, Hedios… Altaprofits est un des rares acteurs à proposer de l’assurance vie en ligne luxembourgeoise à côté de ses offres françaises avec son partenaire Generali Luxembourg. En Italie, le marché semble plus conservateur que la France. Peu d’acteurs nouveaux se distinguent sur la distribution de produits bancaires et financiers en ligne. Cela peut s’expliquer par un taux d’utilisation d’internet pour les opérations bancaires relativement faible. Seulement un tiers de la population utilise internet pour regarder ses comptes bancaires.

Logo Altaprofits

À ce jour, quelques acteurs tirent néanmoins leur épingle du jeu dans ce domaine : N26, Webank (banque en ligne italienne), CheBanca!… L’assurance vie 100% en ligne démarre très progressivement en Italie notamment avec CheBanca! À première vue, on pourrait croire que l’assurance vie luxembourgeoise n’aurait pas beaucoup à faire dans la distribution de ses produits auprès de partenaires 100% digitaux. Malgré de nombreux acteurs qui peuvent émerger, le marché n’a pas encore constaté un véritable boom, faisant reculer les acteurs traditionnels.

Néanmoins, la vision à long terme de la distribution de produits bancaires et financiers au niveau européen, portées par des acteurs qui disruptent le marché, pourrait laisser de la place aux acteurs de l’assurance vie internationale au Luxembourg, seuls capables en Europe à se projeter sur plusieurs marchés. L’avenir nous dira si les acteurs luxembourgeois sauront moderniser leurs outils et leurs processus pour adresser ce marché.

Article de Yohann Niddam – Périclès Luxembourg et Cyril Escassut – Périclès Luxembourg

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