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18

Fév 2020

Cahier de tendances - Fintechs
  • Articles et presse

Quelles fintechs reste-t-il à inventer ?

Les premières start-ups dans le monde de la Finance sont apparues il y a plus de 20 ans avec Paypal. Cette société, que l’on n’appelait pas encore fintech, a inventé une nouvelle manière de transférer de l’argent instantanément grâce à Internet. Il y a 10 ans, une autre vague d’innovations apparaissait dans les services financiers avec l’avènement des plateformes de financement participatif (crowd funding, crowd lending…) et des Néo Banques. Depuis lors, le rythme s’est accéléré et on ne compte plus le nombre de fintechs en France et en Europe.

L’objectif initial de ces sociétés était d’attaquer les rentes des acteurs traditionnels de la Finance en les concurrençant sur leur marché. Désormais, la majorité des fintechs a plutôt comme stratégie d’accompagner la transformation digitale des acteurs historiques. Le secteur de l’Asset Management n’a évidemment pas échappé à cette mutation.

Innovation incrémentale

Si une grande majorité des fintechs a permis, grâce à la technologie, de refondre ou d’optimiser les processus opérationnels des sociétés de gestion, très peu d’entre elles, pour l’instant, ont apporté une véritable révolution dans le monde de l’Asset Management.

Aujourd’hui, l’offre de fintechs à destination des gérants d’actifs adresse une grande partie de la chaîne de valeur : signaux d’achat / vente, now casting, optimisation de portefeuille, assistance à la détection d’erreurs sur le trade management, risk management, reporting réglementaire, relation investisseur, distribution de fonds… Les fintechs sont devenues des fournisseurs de solutions technologiques en extension du Système d’Information principal de la société de gestion.

Des niches à exploiter

Bien plus que la technologie sur laquelle l’innovation repose, le succès d’une fintech réside dans le cas d’usage traité et la proposition de valeurs. La digitalisation de processus post trade existants est encore possible comme le montre le dernier benchmark des activités du Middle Office réalisé par Périclès Group.

En effet, certaines tâches opérationnelles, comme la gestion des OST conditionnelles ou capitalistiques, pourraient être davantage automatisées. Imaginez une solution utilisant une technologie de Natural Language Processing qui analyserait les annonces d’OST des conservateurs et des fournisseurs de données de marchés, qui alerterait de toute modification des conditions de l’OST, qui préparerait une vue synthétique de l’OST pour le gérant, qui dématérialiserait les échanges entre le Front et le Middle Office et qui, pour finir, préparerait l’instruction au dépositaire voire appliquerait l’OST dans le PMS de la société de gestion. Ce type d’offres n’existe pas encore mais nous ne doutons pas qu’il arrivera dans les prochaines années.

Est-il encore possible d’imaginer de nouveaux services ?

Une des principales difficultés pour un gérant de fonds est de savoir qui détient les parts de ses OPC ouverts. En effet, la distribution intermédiée ne lui permet pas de connaître son client final, ses aspirations, ses préoccupations et ses façons d’appréhender ses produits. Les plateformes de distribution de fonds via la technologie DLT sont théoriquement censées répondre à ce manque mais elles ont du mal à convaincre les distributeurs de rejoindre l’initiative et de jouer le jeu (cf. notre conviction dédiée à ce thème).

Cahier de tendances 2020 AM - Fintechs 2

Une autre piste à explorer pourrait être la création d’un réseau social dédié à la gestion financière à destination de la clientèle Retail qui permettrait aux gestionnaires de fonds d’entrer en relation plus directement avec eux pour mieux appréhender leurs besoins. Ce dialogue direct serait également l’occasion d’initier une pédagogie auprès d’une clientèle averse au risque et de l’accompagner sans jamais tomber dans le conseil en investissement. En effet, l’épargne des particuliers semble constituer aujourd’hui le principal relai de croissance rentable des asset managers dans les années à venir (cf.notre conviction dédiée à ce thème).

On peut également évoquer l’idée, primée au premier Challenge Open Innovation de Périclès Group, de la création d’un nouveau type de marché boursier qui favorise l’investissement local en permettant, à des particuliers, d’investir dans des commerces de proximité au lieu de grands groupes dont ils ne connaissent souvent ni la stratégie, ni leur marché. Cette idée pourrait être considérée comme une évolution du Crowd Funding en y apportant un marché secondaire et un ancrage hyper local.

La technologie a toujours accompagné et amplifié l’évolution des métiers par une amélioration de la productivité, une fluidification des processus et l’émergence de nouveaux services. Mais la révolution promise par la digitalisation et l’émergence de nombreuses fintechs est censée aller plus loin que ce que l’on constate aujourd’hui en proposant une nouvelle façon de faire de la gestion collective et de la distribuer en plaçant l’investisseur au coeur des réflexions. Périclès Group continuera, dans les prochaines années, à faciliter les transformations du secteur de l’Asset Management.

 

Olivier Bénichou

Romain Rousval

 

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