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16

Juil 2026

  • Articles et presse

Assurance-vie ou PER : Comment mieux épargner pour appréhender l’avenir ?

Article écrit par Christelle Rancev, Senior Manager, et Clémence Mathelin, Manager.

 

Epargner est véritablement une habitude française.  Les chiffres de marché parlent d’eux-mêmes : le taux d’épargne de 18 % est l’un des plus élevé d’Europe, juste derrière l’Allemagne (19 %).

En 2025, le montant de l’épargne des Français s’élève à 6 500 milliards d’euros dont 2 100 milliards pour l’assurance vie et 300 milliards d’euros pour les produits d’épargne retraite (PER individuels, PER collectifs…).

Les Français épargnent donc massivement mais ont-ils une réelle stratégie d’épargne ?

Faute d’informations et de pédagogie sur les solutions d’épargne longue (Assurance-vie, PER, OPC, titres vifs…), ils s’orientent plus naturellement vers des produits plus accessibles et familiers : comptes courants, livrets (livret A, LDD…), autant de produits peu rémunérateurs actuellement.

Pourtant, les enjeux de pouvoir d’achat, de retraite et de transmission n’ont jamais été aussi importants et s’intensifieront encore dans les années à venir avec la « Grande Transmission ».

Par ailleurs, l’inflation érode le pouvoir d’achat, les parcours professionnels sont moins linéaires qu’auparavant et le système de retraite par répartition tend à se dégrader. Dans ce contexte, la sensibilisation aux solutions d’épargne longue devient primordiale.

Ainsi, l’Assurance-vie comme le PER individuel constituent de vrais outils pour aider à préparer l’avenir.

 

Assurance-vie ou PER : pour qui et comment cela fonctionne ?

L’Assurance‑vie se présente comme une enveloppe d’épargne flexible. Elle permet de se constituer une épargne pour financer ses projets de vie plutôt sur le moyen et long terme, transmettre un capital exempté de droits de succession et préparer sa retraite.

Il s’agit de l’outil d’épargne long terme le plus souple du marché, il est possible d’y réaliser des versements libres ou programmés et de faire des rachats (retraits) à tout moment pour financer un projet (achat d’une résidence, études des enfants, faire face à un imprévu…) : l’Assurance-vie propose une certaine souplesse mais reste un produit destiné à l’épargne longue.

Cette solution bénéficie également d’un avantage fiscal non négligeable à la sortie : les plus-values bénéficient d’un abattement annuel après 8 ans (4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple) et dans le cadre d’une transmission, c’est un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans qui est proposé.

Le PER individuel, quant à lui est une enveloppe dédiée à la retraite pensée également pour encourager l’épargne longue et offrir un avantage fiscal immédiat. En effet, l’épargne investie y est bloquée jusqu’à la retraite, sauf pour certains cas particuliers : achat de la résidence principale ou encore accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement…).

Aussi, les versements sont déductibles du revenu imposable (économie importante pour les tranches marginales d’imposition, ou TMI, de 30 % ou 41 %). De plus, l’impôt « économisé » aujourd’hui reste investi et génère lui-même des intérêts pendant des décennies (effet de levier).

 

Deux enveloppes différentes en matière de liquidité et de fiscalité… mais qui s’appuient sur un socle commun : l’offre financière

Ces 2 enveloppes permettent d’investir sur des supports financiers identiques. Les fonds plus « risqués » (unités de compte, immobilier financier, private equity…) sont relativement maîtrisés car diversifiés (investissement sur plusieurs supports grâce à des allocations d’actifs en fonction des profils de risque des épargnants). Par ailleurs, les différents modes de gestion sont là pour répondre au mieux aux attentes des clients : délégation avec la gestion sous mandat ou gestion pilotée avec des profils de « prudent à risqué » ou encore gestion libre qui reste à la main des épargnants les plus avertis.

Ces produits étant investis sur les marchés financiers, et au vu du contexte économique (guerre, crise…), il est naturel que les épargnants se posent la question de la performance de ces produits.

 

Quelle performance attendre de l’offre financière ?

Il est difficile de répondre à cette question car la diversité proposée est large (étendue du nombre d’unités comptes, variété des niveaux de frais…). Toutefois, il est important de retenir que ces produits reposent sur du long terme et, par conséquent, le risque est atténué. Des périodes de baisse et de hausse des marchés financiers peuvent se succéder mais à priori ce sont des produits qui doivent permettre à long terme d’optimiser les performances en fonction des différents projets et profils de risques.

Il est également important d’être attentif aux frais (sur versements, à l’entrée, de gestion…) sur un produit pour optimiser au maximum son rendement.

Nous faisons le choix ici de comparer un PER individuel et une assurance-vie ayant une offre financière, des frais et un horizon de placement équivalents.

L’objectif étant de présenter concrètement les gains (rendement, fiscalité) pour souligner l’importance d’investir tôt afin d’anticiper au mieux l’avenir économique.

Prenons les hypothèses suivantes :

  • Versement initial : 10 000 €
  • Taux de rendement brut : 5% par an sur 20 ans
  • Frais de gestion de 0,8% en moyenne par an. Soit un rendement net de 4,2% en moyenne par an
  • Profil équilibre : 50% en euros, 50% en unités de compte
  • TMI utilisé : 30%

 

Quels gains attendre sur un horizon de placement sur 20 ans ?

Le PER est légèrement plus performant (+ 2 000 € sur 20 ans) que l’assurance‑vie, grâce à la déduction fiscale, mais :

  • L’Assurance‑vie reste plus souple avec des rachats possibles (sous conditions) à tout moment ;
  • L’Assurance‑vie est bien meilleure pour la transmission (larges abattements fiscaux) ;
  • Le PER est imbattable pour préparer la retraite notamment sur les versements lorsque le TMI dépasse les 30%.

 

Si nous reprenons le même exemple avec des versements programmés de 100 € par mois pendant 20 ans, le PER avec les versements et le réinvestissement de l’économie d’impôt permet d’obtenir un niveau de capital plus important (> à 6 000 €) qu’avec une assurance vie.

 

Faut-il choisir entre Assurance-vie et PER ?

Plutôt que de choisir, les épargnants peuvent construire leur stratégie personnalisée fondée sur la complémentarité des deux produits :

  1. Le PER pour l’efficacité immédiate : on y verse ce qu’on est prêt à bloquer pour maximiser actuellement sa réduction d’impôt, en veillant à ne pas dépasser son plafond de déduction ;
  2. L’Assurance-vie pour la sécurité : on y place le reste pour constituer une épargne qu’elle soit pour financer un bien immobilier, une enveloppe de précaution… et aussi préparer sa transmission.

 

Quelques nouveautés apportées par la loi de finance 2026 notamment sur le PER

Si aucune modification n’a été apportée à la fiscalité de l’Assurance-vie, cela n’a pas été le cas pour le PER :

  • Suppression de la déduction des primes versées par le titulaire d’un PER après ses 70 ans: les versements restent autorisés mais perdent leur intérêt fiscal. Ce qui signifie qu’en cas de sortie en capital, les versements sont exonérés d’impôt sur le revenu mais les plus-values et intérêts sont quant à eux imposés à la flat tax revue à la hausse passant à 31,4% ;
  • Extension de trois à cinq ans de la période permettant de rattraper le plafond de déduction fiscale non utilisé sur les versements volontaires effectués sur un PER. L’objectif est de permettre aux épargnants tardifs de bénéficier de l’avantage fiscal et rattraper leur capacité de déduction fiscale. En effet, en 2022, près d’1/3 des nouveaux adhérents au PER avaient entre 50 et 59 ans (source DREES).

 

A noter que le PER a été lancé en 2020 (issu de Loi Pacte de 2019). A partir de 2026, les épargnants détenant d’anciens contrats types PERP, Madelin, PERECO ou article 83 peuvent transférer leur épargne vers un PER individuel sans frais, à partir du moment où les anciens dispositifs ont été détenus pendant 5 ans.

 

Aujourd’hui, choisir entre l’Assurance-vie et le PER est un faux dilemme. Leur complémentarité est une stratégie gagnante. D’un côté, l’Assurance-vie est le socle indispensable de tout patrimoine financier grâce à sa polyvalence. De l’autre, le PER est un accélérateur fiscal à activer dès que l’impôt devient une charge significative pour un budget.

En 2026, la clé d’une gestion de son épargne réussie réside dans l’équilibre : la souplesse pour vivre aujourd’hui, et l’optimisation pour demain avec une stratégie adaptée à sa situation actuelle et des ambitions futures.

 

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